Multiculturalité – Multiculturality 14 juin 2013 – 14 June 2013

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Pour Christian Corne

 

Après tout, c’est bien légitime que je commence ce blog sur mes rencontres artistiques par une explication de texte sur le titre du Café de l’Europe d’Enghien. Les textes qui ont été lus par Emilie, Xavier et Philippe comme des contrepoints, étaient superbes. J’ai promis à Christian Corne de lui donner quatre versions du même texte des « Villes invisibles » d’Italo Calvino, en italien, en français, en roumain et en anglais. Une manière un peu détournée de lui montrer qu’on peut se rêver jeune, gagner des années en voyageant, même si on reste parmi les siens, adossé au mur du temps et ceci dans toutes les langues européennes.

After all, it’s a good choice to begin this blog on art’s encounters by a lesson of compared literature that explains at the same time the title of Enghien’s Café of Europe. The texts that were red by Emilie, Xavier and Philippe were tremendous and strange counterpoints. I promised Christian Corne to give him four versions – Italian, French, Romanian and English – of the same text of the “Invisible Cities” by Italo Calvino: a sort of explanation of the strange paradox of life. We can be young in a dreamed-of-city, gain time while travelling, even if we stay with our relatives, leaning against the wall of time, in any European language.

 

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Les villes invisibles

 

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Il vient à l’homme qui chevauche longtemps au travers de terrains sauvages, le désir d’une ville. Pour finir, il arrive à Isidora, une ville où les palais ont des escaliers en colimaçon incrustés de coquillages marins, où l’on fabrique lunettes et violons dans les règles de l’art, où lorsque l’étranger hésite entre deux femmes il en rencontre toujours une troisième, où les combats de coqs dégénèrent en rixes sanglantes mettant aux prises les parieurs. C’est à tout cela qu’il pensait quand il avait le désir d’une ville. Isidora est donc la ville de ses rêves : à une différence près. Dans son rêve, la ville le comprenait lui-même, jeune ; il parvient à Isadora à un âge avancé. Il y a sur la place le petit mur des vieux qui regardent passer la jeunesse ; lui-même y est assis, parmi les autres. Les désirs sont déjà des souvenirs.

Italo Calvino. Les villes invisibles. Les villes et la mémoire 2.

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When a man rides a long time through wild regions he feels the desire for a city. Finally he comes to Isidora, a city where the buildings have spiral staircases encrusted with spiral seashells, where perfect telescopes and violins are made, where the foreigner hesitating between two women always encounters a third, where cockfights degenerate into bloody brawls among the bettors. He was thinking of all these things when he desired a city. Isidora, therefore, is the city of his dreams: with one difference. The dreamed-of-city contained him as a young man; he arrives at Isidora in his old age. In the square there is a wall where the old men sit and watch the young go by; he is seated in a row with them. Desires are already memories.

Italo Calvino. The invisible cities. The city and memory 2.

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All’uomo che cavalca lungamente per terreni selvatici viene desiderio d’una città. Finalmente giunge a Isidora, città dove i palazzi hanno scale a chiocciola incrostate di chiocciole marine, dove si fabbricano a regola d’arte cannocchiali e violini, dove quando il forestiero è incerto tra due donne ne incontra sempre una terza, dove le lotte dei galli degenerano in risse sanguinose tra gli scommettitori. A tutte queste cose egli pensava quando desiderava una città. Isidora è dunque la città dei suoi sogni: con una differenza. La città sognata conteneva lui giovane; a Isidora arriva in tarda età. Nella piazza c’è il muretto dei vecchi che guardano passare la gioventù; lui è seduto in fila con loro. I desideri sono già ricordi.

Italo Calvino. Le città invisibili. La città e la memoria 2.

” Celui care călăreşte îndelung prin ţinuturi sălbatice i se face dor de un oraş. În sfârşit ajunge la Isidora, oraş unde palatele au scãri în cochilie, încrustate cu cochilii marine, unde se fabrică ocheane si viori mesteşugite, unde, atunci când străinul şovăie între douã femei, întâlneşte întotdeauna o a treia, unde luptele de cocoşi degenerează în încăierări sângeroase între pariori. La toate aceste lucruri se gândea el când dorea o cetate. Isidora e aşadar cetatea visurilor lui. Cu o deosebire: oraşul visat îl conţinea pe el tânăr; la Isidora ajunge la o vârstă înaintată.”

Références :

Photos Café de l’Europe – Café of Europe – Enghien-les-Bains

Enghien-les-Bains est une fêtes – Enghien-les-Bains, a moveable feast

Tableau Pinterest – Enghien-les-Bains – Pinterest Board

Tableau Pinterest – La Bibliothèque de Valery – Valery Library – Pinterest Board

L’Agenda de voyage de Valery Source – The Travel Blog of Valery Source

Les villes invisibles d’après Italo Calvino Photographies et conception Francesco Acerbis 

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Photo : Virtualia Centre des Arts – Enghien-les-Bains.

 

 

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