11 août 2013 – Evian-les-Bains – 11 August 2013

A propos du quatrième mur de Sorj Chalandon,

Pour Georg,

J’ai beaucoup apprécié notre conversation à propos d’Albert Londres. C’est en effet une véritable figure symbolique pour tous les journalistes et les écrivains d’aujourd’hui et au-delà. Je comprends bien qu’il soit devenu aussi vite un compagnon de route et j’imagine parfaitement qu’il a reçu l’accord de l’EDITEUR qui a dû de ce fait trouver très vite une incarnation contemporaine.

Albert de l’Aubette va vivre ainsi en indépendant dans son propre espace-temps et tu le rencontreras plus d’une fois sur ta propre route ; mais heureusement nous pourrons tous lire ses messages. Pour rester dans les environs des reporters écrivains qui ont suivi son exemple, je t’adresse une épreuve d’un livre qui va sortir dans quelques semaines et que l’EDITEUR vient de m’adresser.

Chalandon, ce n’est pas un hasard a reçu le Prix Albert Londres en 1988. Je voulais d’abord envoyer le livre à Charles Joseph, mais ce roman est trop proche de sa propre histoire familiale pour que je le lui donne tout de suite. Je ne sais pas s’il le trouvera lui-même ou bien s’il a réussi à tout évacuer de sa mémoire dans un deuil douloureux fait de conquêtes éphémères.

albert-londres
Albert Londres

Je me souvenais de l’Antigone de Jean Anouilh quand le sujet est venu en classe de français. A peine vingt années après que la pièce eut été créée, en pleine guerre. Nous vivions dans l’illusion de la paix, dans l’aube d’une Algérie indépendante. Cette Antigone-là était déjà devenue un classique et nous découvrions avec étonnement les mots qu’Anouilh met dans la bouche de la rebelle. La raison d’état ne nous était pas vraiment familière, mais elle était pourtant évidente dans la politique mise en œuvre par le chef de l’état français qui avait tranché en faveur de l’Indépendance. Les Antigones au teint hâlé étaient mortes, égorgées dans les villages des Aurès. Une autre avait été aveuglée par un attentat dans un immeuble de Paris. Les Antigones toujours exécutées et toujours renaissantes, de tous les côtés, contre tous les pouvoirs. Leur entêtement renaissant toujours, sur toutes les terres brûlées, comme pour préparer la révolte suivante contre l’injustice. Nous avions écouté la leçon avec respect. Il nous restait encore deux années avant de rejoindre l’Université.

Les romans de Sorj Chalandon sont tous magnifiques et tragiques, même ceux qui décrivent humblement l’amour éternel ; ceux-là peut être plus encore que les autres. Mais « Le quatrième mur » qui traverse le temps, depuis les tragédies antiques est sans doute le plus mûr et le plus émouvant. Dans la tragédie il faut un chœur. Il faut qu’Antigone joue son rôle jusqu’au bout entre le chœur et le public, que leur face à face constitue le cadre d’un partage. La communion du théâtre est à ce prix.

Cinq années après la lecture scolaire d’Antigone, je traversais chaque jour le Campus de Jussieu pour chercher des étudiants, pour enseigner des vérités que je pensais éternelles, parcourant avec un étonnement constant ce rassemblement hétéroclite de merguez fumantes, de slogans palestiniens, de slogans israéliens, de revendications tiers-mondistes tracées sur les murs, d’appels à la légalisation de « l’herbe ». Les clochards côtoyaient les idéalistes et les futurs mandarins méprisaient déjà les futurs exclus. La Palestine jouxtait le Chili et la Grèce. Les colonels surgissaient partout. Des compagnons de route des combats qui faisaient suite à la « Guerre des Six Jours » envahissaient de manière impromptue les amphithéâtres, tandis que les clochards et les égarés venaient dormir chaque soir dans les sous-sols labyrinthiques du campus. Nous étions tellement loin des réalités et des vrais combats des Antigones !

antigone-1944-decor-unique-da-barsacq
Antogone de Jean Anhouilh. 1944. Décor André Barsacq

 

14 novembre 1973. Ce pourrait être la date précise où commence ce roman. Une date grecque pour un roman qui relie le Liban à Paris : « …les syndicats étudiants de l’Ecole Polytechnique votent la grève des cours. Des centaines d’autres convergent de toutes les écoles, en appelant à la chute de la dictature…Le Grec parlait. L’amphithéâtre se taisait. Nous n’étions pas habitués à cette économie de mots et de gestes. Il racontait comme on se confie, reprenant sa respiration comme au sortir de l’eau. J’ai pensé à de l’asthme. Et donc à Guevara… » C’est par un Grec juif, Samuel Akounis, que tout commence et c’est à Jussieu ; quoi de plus normal !

J’ai l’impression que j’étais là, moi aussi, au début du roman. Un roman qui pourrait se nommer aussi bien « Une Promesse », comme l’un des premiers récits de Chalandon. Mais quelle promesse ? Celle faite par le narrateur au Grec, metteur en scène qui se meurt d’un cancer, d’aller à sa place jusqu’au bout d’un rêve : « Depuis toujours, Sam voulait monter la pièce noire d’Anouilh dans une zone de guerre. Offrir un rôle à chacun des belligérants. Faire la paix entre cour et jardin. D’abord il avait pensé à la Grèce apaisée. Mélanger anciens opprimés et anciens oppresseurs… » Mais c’est à Beyrouth, comme dans un théâtre, une scène comme une autre, qu’il choisit de faire la démonstration !

Et puis il y a cette sale guerre, plus sale encore que toutes les autres, non pas par une compétition de l’horreur, mais plus sale parce qu’elle mêle et précipite les uns contre les autres les enfants d’Abraham, là où Abraham a marché avec sa famille dans le croissant fertile : Chrétiens libanais de différentes milices, Chiites et Sunnites, Catholiques arméniens, Chaldéens, Druzes…mais peut-on arrêter ainsi la liste avec des points de suspension quand rien, depuis les années soixante-dix, n’a jamais suspendu l’horreur des identités torturées plus de quelques jours ? Et nous sommes là, aujourd’hui en entassant virtuellement les centaines de milliers de morts syriens.

beyrouth
Attentat Beyrouth

Comment ouvrir dans ces conditions le quatrième mur, celui qui permet aux spectateurs de prendre la mesure de la tragédie en regardant les masques, sans savoir qui parle derrière le visage grimaçant et figé : ami ou ennemi, victime ou meurtrier… ? Sorj Chalandon est journaliste. Il sait ce que mourir au coin d’une rue veut dire réellement, il connaît dans sa chair le sens du mot fratricide et celui du mot attentat.

J’avais assisté à une autre représentation d’Antigone. C’était à Belgrade en 1995. Ce pays vivait dans l’ombre d’un Père Ubu doublé d’un Créon. Le metteur en scène, Silviu Purcarete avait enfermé son héroïne au milieu de dizaines de personnages noirs, de toutes tailles, chapeaux melons vissés sur la tête et cannes de bambous utilisées comme des échasses. Un chœur sans âge. Intemporel, comme toutes les injustices.

« Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… ».

Lytras_nikiforos_antigone_polynices
Antigone devant le corps de Polynice, huile sur toile de Nikiforos Lytras, 1865, Pinacothèque nationale d’Athènes.

 

 

Re: Sorj Chalandon’s Fourth Wall

For Georg,

 

I very much enjoyed our conversation about Albert Londres. He is indeed a genuine emblem for all journalists and writers today and beyond. I understand that he may have just as quickly become a travelling companion and I can envisage perfectly that the PUBLISHER agreed to it and thus must have had to very quickly find a contemporary incarnation.

Albert from the Aubette will thus go independently in his own space-time, and you will meet him more than once along your own route. Luckily, however, we will both be able to read his messages. Staying in the vein of writer-reporters who followed his example, I am sending you the proofs of a book which will be coming out in the next few weeks, which the PUBLISHER has just sent me.

It was not luck that Chalandon won the Prix Albert Londres in 1988. I at first wanted to send the book to Charles Joseph, but it is too close to his own family history for me to send it to him. I do not know if he will find it himself, or if he has managed to erase it all from his memory in the painful sorrow of short-lived conquests.

I was remembering Jean Anouilh’s Antigone when it came up in French class. Barely 20 years after the piece was created, in the middle of wartime. We were living in the illusion of peace, at the dawn of Algerian independence. That Antigone had already become a classic, and we were discovering with astonishment the words put in the rebel’s mouth by Anouilh. The national interest was not very well-known to us, but it was, however, obvious in the policy implemented by the French head of state, who had come out in favour of independence.

The Antigones with a tanned complexion were dead, their throats slit in the villages of the Aurès mountains. Another had been blinded by an attack in a Paris tower block. Antigones constantly executed and constantly being reborn, from all sides, against all powers. Their constantly reborn doggedness, on every piece of scorched earth, as though preparing for the coming revolt against injustice. We listened respectfully to the lesson. There still remained two years before university.

antigone-1944-prologue
Antigone by Jean Anhouilh. 1944. Prologue.

 

Sorj Chalandon’s novels are all magnificent and all tragic, even those which humbly depict eternal love; those perhaps more still than the others. However, The Fourth Wall, which crosses the ages from the ancient tragedies, is without doubt the most mature and the most moving. A choir is needed in a tragedy. Antigone must play her role to the end, between the choir and the public; their encounter must be the context of a division. This is the price to pay for theatrical communion.

Five years after my scholarly reading of Antigone, I would cross the Jussieu Campus every day looking for students, teaching the truths that I thought to be eternal, walking with constant astonishment through this heterogeneous assembly of steaming merguez sausages, Palestinian slogans, Israeli slogans, demands in support of the Third World written on the walls, calls for ‘weed’ to be legalised. Beggars mixed with idealists, and future mandarins were already looking down their noses at the future social outcasts. Palestine juxtaposed Chile and Greece. Colonels popped up everywhere. Travelling companions from the fights which followed the Six-Day War unexpectedly invaded the amphitheatre, while the beggars and lost ones came each night to sleep in the campus’s labyrinthine basements. We were so far away from the realities and real battles of the Antigones!

Sébastien_Norblin_Antigone_et_Polynice
Sébastien Norblin. Antigone and Polynice

 

14 November 1973. That could be the precise date on which this novel begins. A Greek date for a novel which connects Lebanon to Paris: “…the Ecole Polytechnique student unions voted to go on strike. Hundreds of others from all the schools converged, calling for the fall of the dictatorship… The Greek was speaking. The amphitheatre was silent. We were not accustomed to such a careful use of words and body language. He told a story like one tells a secret, taking a breath like he was coming up for air. I thought of asthma. And hence of Guevara…” It is through a Greek Jew, Samuel Akounis, that it all begins, and at Jussieu; it is only natural! I feel like I too was there at the beginning of the novel.

A novel that could just as fittingly be called A Promise, like one of Chalandon’s first stories. But what promise? That made by the narrator to the Greek, the producer who died from a form of cancer, to see his dream through in his place: “Since forever, Sam wanted to put on Anouilh’s dark piece in a warzone. To offer a role to each of the belligerents. To make peace on the stage. He had first thought of peaceful Greece. Mixing the former oppressed and former oppressors…” But it is in Beyrouth, like in a theatre, one stage like another, that he chose to put on the demonstration!

And then there is this horrific war, more horrific still than all the others, not through a competition of horror, but more horrid because it mixes up the children of Abraham and pits them against one another, where Abraham walked with his family in the Fertile Crescent: Lebanese Christians of various militias, Shiites and Sunnis, Armenian Catholics, Chaldeans, Druze… can we stop the list there with an ellipsis when, since the 1970s, nothing has ever stopped the horror of tortured identities for more than a few days? And we are there, today, virtually piling up the hundreds of thousands of dead Syrians.

In these conditions, how do you open the fourth wall, that which makes it possible for the audience to gauge the extent of the tragedy by watching the masks, without knowing who is speaking behind the faces with fixed smiles: friend or enemy, victim or killer, etc.? Sorj Chalandon is a journalist. He knows what dying on a street corner really means, he knows in his bones the meanings of the words fratricide and attack.

39b6
Oedipus by Silviu Purcarete

 

I attended another performance of Antigone. It was in Belgrade in 1995. The country was living in the shadow of Père Ubu as well as Creon. The producer, Silviu Purcarete, had enclosed his heroin in the middle of dozens of black characters, of all sizes, bowler hats nailed onto their heads and using bamboo canes as stilts. An ageless choir. Timeless, like all injustice.

“She thinks that she is going to die, the she is young and that she too would have quite liked to live. But there is nothing to be done. She is called Antigone and she shall have to play her role through to the end”.

Du même auteur. From the same author.

Mon traître.

La légende de nos pères.

 

 

chalandon-1696288-jpg_1610953

 

9782246726210chalandon

 

Advertisements

20 juillet 2013 Strasbourg 20 July 2013

Cher Valery,

Vous trouverez ci-joint trois romans de Jane Austen à ranger bien soigneusement dans votre bibliothèque virtuelle. Cela vous servira à préparer une rencontre virtuelle avec Jane Austen. Selon toute probabilité, il est prévu que vous arriviez tous à Bath en mars 2015, alors il me semble que, bien qu’on ait le temps, il n’est pas inutile que vous vous y prépariez. Vous avez beaucoup de voyages en train à effectuer dans le mois qui vient car je ne tiens pas à ce que vous gaspilliez les « flash travels » à tort et à travers. Et puis vous devez passer du temps à entraîner vos compagnons. C’est une priorité !

J’ai fait un relevé précis des lieux décrits ou habités par Jane Austen à Bath et à Lyme Regis. Cela vous aidera à l’interroger. Bonne lecture.

Bath mars 2012 029

En bref : Dans « NorthangerAbbey », le premier roman de Jane Austen, on assiste à l’enthousiasme de l’héroïne qui rêvait de venir habiter quelque temps dans l’agréable demeure choisie par le couple Allen qui l’a invitée :

They arrived in Bath. Catherine was all eager delight; her eyes were here, there, everywhere, as they approached its fine and striking environs, and afterwards drove through those streets which conducted them to the hotel. She was come to be happy, and she felt happy already. They were soon settled in comfortable lodgings in Pultney Street”.

Mais il se passera un certain temps avant que les amitiés ne se nouent, que les amours ne prennent leur essor, que les bals ne deviennent des lieux du plaisir partagé, qu’une société fermée s’ouvre à de nouveaux arrivants provinciaux, tandis que le shopping et la prise des eaux prendront  l’effet d’un rite quotidien :

« Every morning now brought its regular duties — shops were to be visited; some new part of the town to be looked at; and the pump-room to be attended, where they paraded up and down for an hour, looking at everybody and speaking to no one. The wish of a numerous acquaintance in Bath was still uppermost with Mrs. Allen, and she repeated it after every fresh proof, which every morning brought, of her knowing nobody at all.

Le plus bel ensemble immobilier de Bath est certainement « The Royal Crescent ». Ce lieu de promenade était déjà un must du temps de Jane Austen. Situé sur la partie haute de Bath, on y découvre la ville entière sans aucun obstacle pour la vue. Cette disposition unique tient au fait des restrictions de construction qui ont été imposées par les baux originaux. En 1968, le Major Bernard Cayzer a fait l’acquisition du N°1 royal Crescent et l’a présenté au « Bath Preservation Trust » qui en a effectué la restauration en utilisant uniquement des matières et matériaux conçus au XVIIIe siècle. Devenu sans conteste le N°1 des musées de Bath, il offre une véritable découverte de la vie à l’époque géorgienne dans une résidence élégante. Chaque pièce constitue un exemple séduisant décoré de meubles, peintures et tissus authentiques. Il a ré-ouvert au mois de juin après une nouvelle restauration.

046400-000_northangerabbey_21-1

Il s’agit bien entendu d’un lieu de promenade idéal pour l’héroïne de Jane Austen dans “Northanger Abbey“:

As soon as divine service was over, the Thorpes and Allens eagerly joined each other; and after staying long enough in the pump–room to discover that the crowd was insupportable, and that there was not a genteel face to be seen, which everybody discovers every Sunday throughout the season, they hastened away to the Crescent, to breathe the fresh air of better company. Here Catherine and Isabella, arm in arm, again tasted the sweets of friendship in an unreserved conversation; they talked much, and with much enjoyment; but again was Catherine disappointed in her hope of re-seeing her partner…”

Je ne peux que vous recommander de pratiquer également des comparaisons. Les auteurs aiment bien qu’on rentre dans un éloge de leur style ! Je vous donne un exemple à situer entre le Flaubert de “L’Education sentimentale” et le constat de raison dans le doux balancement des mots de la part de Jane Austen dans « Persuasion » quand elle atteint elle-même cet âge un peu fatal pour envisager encore de pouvoir se marier, à cette époque où le bon parti est une denrée précieuse. L’âge, une denrée rare à cette époque où on vieillit prématurément par rapport aux temps présent. La différence d’âge est donc d’autant plus pesante.

« Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda. Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l’air bleu. »

« It sometimes happens, that a woman is handsomer at twenty-nine than she was ten years before; and, generally speaking, if there has been neither ill health nor anxiety, it is a time of life at which scarcely any charm is lost. It was so with Elisabeth; still the same handsome Miss Elliot that she had begun to be thirteen years ago; and Sir Walter might be excused, therefore, in forgetting her age, or, at least, be deemed half a fool, for thinking himself and Elisabeth as blooming as ever, amidst the wreck of the good looks of everybody else; for he could plainly see how all the rest of his family and acquaintance were growing.”

Et je vous laisse méditer sur le passage du temps…

Bien à vous.

Votre commanditaire.

L’EDITEUR

 

Dear Valery,

You will find attached three Jane Austen’s novels to be very carefully tidied up in your electronic library. It will serve you to prepare a virtual meeting with Jane Austen. In all probability, it is planned that you arrive all at Bath in March, 2015, then it seems to me that, although we have time, it is not useless that you get ready for it. You have many train journeys within the next month because I do not want you wasted ‘flash travels‘ wildly. And then you have to spend time to train your companions. This is a priority!

I made a precise statement of places described or lived by Jane Austen in Bath and to Lyme Regis. It will help you to question her.

In brief : In ‘Northanger Abbey‘, Jane Austen’s first novel, we witness the enthusiasm of the heroin who dreamed to come and spend some time in the pleasant lodgings chosen by the Allen couple who had invited her:

They arrived in Bath. Catherine was all eager delight; her eyes were here, there, everywhere, as they approached its fine and striking environs, and afterwards drove through those streets which conducted them to the hotel. She was come to be happy, and she felt happy already. They were soon settled in comfortable lodgings in Pultney Street”.

bath-mars-2012-021

 

But it will be some time before friendships develop, before romances soar, before the dance halls become places of shared enjoyment and before a closed society opens up to new arrivals from the countryside, when shopping and taking the waters become daily routine:

« Every morning now brought its regular duties — shops were to be visited; some new part of the town to be looked at; and the pump-room to be attended, where they paraded up and down for an hour, looking at everybody and speaking to no one. The wish of a numerous acquaintance in Bath was still uppermost with Mrs. Allen, and she repeated it after every fresh proof, which every morning brought, of her knowing nobody at all.”

The most magnificent estate in Bath is certainly ‘The Royal Crescent’. Jane Austen referred to only as The Crescent. It was, and still is, a pleasant place to promenade. It has wonderful views across the city, being part of the upper town, due to the open prospect it commands. The lack of building immediately before it was due to the building restrictions imposed in the original leases for the site.

In 1968, Major Bernard Cayzer purchased N°1 Royal Crescent and presented it to the ‘Bath Preservation Trust, who restored the house using only materials available in the 18th century. Now one of the Bath’s leading museums N°1 provides an opportunity for modern-day visitors to experience what life was like inside these elegant residences. Each room is an exquisite example of Georgian interior design with authentic furniture, painting and textiles. It re-opened last June after a second restoration phase.

690950-130420-trav-bath3

This is of course an ideal promenade for the character written by Jane Austen in ‘Northanger Abbey’:

As soon as divine service was over, the Thorpes and Allens eagerly joined each other; and after staying long enough in the pump–room to discover that the crowd was insupportable, and that there was not a genteel face to be seen, which everybody discovers every Sunday throughout the season, they hastened away to the Crescent, to breathe the fresh air of better company. Here Catherine and Isabella, arm in arm, again tasted the sweets of friendship in an unreserved conversation; they talked much, and with much enjoyment; but again was Catherine disappointed in her hope of re-seeing her partner...’

téléchargement

I can only recommend you to try also comparisons. The authors like that we go into a praise of their style! I give you an example to place between the Flaubert of ‘l’Education sentimentale’ and the report of reasonable behaviour which is obvious in the delicate balance of words by Jane Austen in ‘Persuasion’, when she herself was reaching that rather fateful age to still imagine being able to marry, in this age when the right match is a precious commodity.

She was seated in the middle of a bench all alone, or, at least it appeared so to him; he could see no one else, dazzled as he was by her eyes. At the moment when he was passing, she raised her head; his shoulders bent involuntarily; and, when he had seated himself, some little distance away, on the same side, he glanced toward her. She wore a wide straw hat, the red ribbons of which fluttered in the wind behind her. Her black tresses, braided around the top of her large forehead, descended very low near her cheeks, and seemed amorously to press the oval of her face. Her robe of muslin spotted with green spread out in ample folds. She was embroidering something; and her straight nose, her rounded chin, her entire person was outlined on the background of the luminous air and the blue sky.’

It sometimes happens, that a woman is handsomer at twenty-nine than she was ten years before; and, generally speaking, if there has been neither ill health nor anxiety, it is a time of life at which scarcely any charm is lost. It was so with Elisabeth; still the same handsome Miss Elliot that she had begun to be thirteen years ago; and Sir Walter might be excused, therefore, in forgetting her age, or, at least, be deemed half a fool, for thinking himself and Elisabeth as blooming as ever, amidst the wreck of the good looks of everybody else; for he could plainly see how all the rest of his family and acquaintance were growing.’

And I let you meditate …

Yours.

Your sponsor.

THE PUBLISHER

 

2010-10-26-pride-and-prejudice-annotated-editions-by-jane-austenorgueil-et-prejuge-zom-09persuasionnorthanger-abbeypridenovel

 

A lire également / Another article : There’s something about Jane Austen in Bath

Vidéos : BBC Four The Real Jane Austen 2002

Filmographie Allo ciné.